Flickr, le piège
Avez-vous lu les conditions
d'utilisation ?
Je pense que non, comme tout le monde
Eh bien vous avez donné le droit à Yahoo et consor de distribuer
GRATUITEMENT
vos photos . . .
Si, si, il fallait lire avant . . .
Voilà le paragraphe 8 de ces conditions :
"8. LICENCE SUR LE CONTENU STOCKÉ SUR YAHOO!
Pour ce qui concerne le Contenu que vous stockez, transmettez ou mettez
en ligne sur les Services en vue de le rendre accessible à des tiers,
vous
accordez
à Yahoo! et aux sociétés du Groupe Yahoo!, pour le monde,
un droit
non-exclusif et gratuit d'utilisation permettant à Yahoo!
et aux sociétés du Groupe Yahoo! de
reproduire,
publier et diffuser ce Contenu aux fins de fourniture du
Service, de sa promotion et de sa distribution, et ce, sur tout support
électromagnétique et par tout moyen de communication électronique, sur
les sites du Groupe Yahoo! et sur les sites de partenaires ou de tiers.
Ce droit est accordé pour la durée pendant laquelle vous déciderez
d'inclure le Contenu sur le Service. Vous garantissez à Yahoo! avoir
préalablement obtenu les droits nécessaires à cette exploitation et que
le contenu est conforme à la loi et ne porte pas atteinte aux droits de
tiers."
Je pense que pour les autres sites "gratuit" de ce type, les conditions
sont quasiment les mêmes . . .
Et bien
maintenant
vous savez que vos photos pourront se retrouver
n'importe où sans que vous ayez la possibilité d'obtenir quoique que ce
soit puisque vous avez "signé"

La législation
Le droit à l'image
Aujourd'hui il n'y a pas dans la législation française de code
spécifique sur l'image ou la photographie, cependant le « droit à
l'image » existe et, malheureusement, cette notion résulte d'une
interprétation des textes ci-dessous, à savoir :
- L'article
9 du code civil qui dit . . . Chacun a droit
au respect de sa vie privée. . . (loi du 17 juillet
1970 )
- L'article 16 du code civil qui dit . . . La loi
assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité
de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement
de sa vie...
- Et l'article 1382 du même code dit . . . Tout fait
quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la
faute duquel il est arrivé, à le réparer . . .
- L'article 226-1, 226-2 et 226-8 du Code Pénal qui dit . . .
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende le fait,
au moyen d'un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à
l'intimité de la vie privée d'autrui . . . (pour l'article
226-1),
- Par contre il y a une pléthore de jurisprudence en la
matière, qui comme toute jurisprudences, sont plus ou moins
cohérentes.
Ces textes/idées/obligations sont contrebalancées par
d'autres textes qui donnent la possibilité quasi inverse, à savoir :
- L'article
11 de la déclaration des Droits de l'homme et du
citoyen qui dit . . . La libre
communication des pensées et des
opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen
peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus
de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. . .
- L'article 10 de la Convention Européenne des droits de
l'homme et des libertés fondamentales qui dit . . . Toute personne a
droit à la liberté d’expression. . .
- + - + - + - + - + - + -
La récente proposition de loi (n° 1029) rédigée par P. Bloche et JM
Ayrault à pour but d'établir un certain arbitrage entre ces deux
principes fondamentaux : droit à l'image et droit d'expression.

Les
autorisations indispensables
Qu'est-ce qu'une autorisation ?
C'est un contrat qui vous permet d'utiliser la(es) photo(s) que vous
avez pris(e) dans les conditions définies sur cedit document.
Il comporte plusieurs informations indispensables :
- comme tous contrats il y a deux parties : le(a, es) photographié(s,
es) et vous-même,
- le nom, prénom, adresse et éventuellement fonction des deux parties,
- les conditions d'utilisation (exploitation) de cette(es) photo(s),
- un rappel de règles fondamentales que l'exploitant (photographe ou
autre) doit respecter,
- la signature des deux parties.
En a-t'on réellement besoin ?
OUI et NON (ah, je suis d'origine normande

)
OUI, si vous voulez communiquer sur cette photo, par exemple :
participer à une exposition ou mettre la photo sur votre site ou blog
internet,
NON, si et seulement si vous garder cette photo pour un usage
strictement personnel.
Cependant, dans la mesure du possible, ayez toujours à l'esprit qu'une
autorisation vous permettra d'exploiter la photographie et pas
d'autorisation = pas d'exploitation . . .
Les différentes autorisations
Selon le cas, il existe plusieurs types d'autorisation à demander
"gentillement" et avec "diplomatie" :
- pour les personnes majeurs (en général, il n'y a pas trop
de problème),
- pour les personnes mineurs (ATTENTION,
ce cas est particulièrement sensible),
- pour les biens (chateau, maison particulière, monument
historique, ect.),
- pour les animaux (chat, chien, ect.),
- pour les biens et personnes d'un milieu industriel,
- pour les modèles majeurs (en studio ou pas).
Le mode d'emploi
La demande
Là, suivant les circonstances et/ou votre personalité, il y a 3
méthodologies :
1) vous photographiez AVANT et vous demandez l'autorisation après,
2) vous demandez l'autorisation avant et vous photographiez APRES,
3) vous réalisez une ou deux photos AVANT, vous demandez l'autorisation
après et vous réalisez une série de photos ensuite.
Remarques / Commentaires
1) photographier AVANT permet d'obtenir plus de spontanéité,
mais risque de blesser/stresser la personne car vous avez "volé" son
image,
2) photographier APRES permet d'être plus "moral" ou "honnête", mais il
y aura moins de spontanéité.
3) dans tous les cas,
prenez du temps
pour demandez à la personne cette autorisation :
- en lui expliquant le plus simplement et clairement possible
le but de votre travail,
-en lui disant que vous lui enverrez les meilleurs photos que
vous aurez pris(e),
- et si le courant passe, faites lui signer l'autorisation en 2
exemplaires (une pour elle et une pour vous),

- remerciez là pour cette participation à votre travail,
- ne
JAMAIS
arriver directement, le document à la main, et lui demandez de signer,
car la personne va se sentir
agressée
et dans 99% des cas vous aurez un refus, ce qui est compréhensible . .
.
Le classement des autorisations
Arrivé
chez vous, donnez un numéro à cette autorisation et vous la classez par
numéro, c'est le plus facile.
Puis vous créez un tableau qui vous permettra de retrouvez plus
facilement cette autorisation. Il comportera, par exemple :
- un thème,
- une description succincte de la ou des photos,
- le numéro de l'autorisation,
- le nom de la personne,
- la date de prise de vue.
Par contre, aucune autre information afin d'être en conformité avec la
loi "informatique et liberté", mais c'est suffisant pour retrouver dans
tous les cas une autorisation.
Lors d'une exposition ou sur votre blog ou site internet et dans le cas
où une autorisation serait nécessaire, n'oubliez pas de mettre sous la
photo la mention "
autorisation
n° xxxx", cela montrera que vous avez cette autorisation
et fera plus moral et de plus cela montrera que vous respectez le droit
à l'image
Quelques exemples d'autorisations
Voici le modèle d'autorisation que j'utilise pour la photographie de
personne majeur (je me suis inspiré de ceux qui sont proposés
sur le site de "
VirusPhoto"
que je remercie, en les modifiant quelque
peu et en précisant certaine partie qui me semblait floue) :
- les cadres grisés sont des conditions particulières à remplir
obligatoirement,
- ne pas oublier de faire deux exemplaires, un pour la personne
photographiée et un pour vous,
- et enfin, en cas de doute, demandez la pièce d'identité (ça c'est pas
facile mais c'est la garantie de ne pas être poursuivi(e),
éventuellement,
par les parents

)
Et voici les modèles sous forme de fichiers :
- au format "pdf", donc imprimable directement,
- ou "doc", donc modifiable sour OpenOffice ou
Word (il
faut le télécharger d'abord, puis le décompresser ensuite).
Vous pouvez les
reproduire, les copier, les utilisez et
enlever ou remplacer le logo sans problème.
1) autorisation pour la photographie
d'une personne majeur :
d'autres suivront . . .
